Une crise qui s’aggrave et frappe durement les Hauts-de-France
Le tissu industriel des Hauts-de-France est aujourd’hui particulièrement impacté par les difficultés sans précédent que traverse la filière automobile : effets de la COVID-19, évolutions des normes et du cadre réglementaire aux niveaux européen et français, intensification de la concurrence asiatique. Ces facteurs, identifiés depuis plusieurs années, se traduisent désormais par un recul confirmé de l’activité et une pression croissante sur l’emploi et les sites industriels.
Après une chute de 11 % en 2024, la production de véhicules a connu un léger rebond en 2025, avec un peu moins de 1,5 million d’exemplaires (+8%). Elle reste toutefois en repli de 60 % depuis 2002 et de 32 % depuis 2019. Parallèlement, les effectifs des équipementiers ont baissé de 20 % par rapport à 2019 et ont été divisés par deux depuis 2007. En Europe, 76 000 suppressions d’emplois ont été annoncées depuis 2024. Depuis début janvier, les annonces de fermetures et de suppressions d’emplois se multiplient. Rien que sur le mois de janvier, 1 200 emplois sont menacés ou supprimés. Face à l’offensive des constructeurs chinois, dont la part de marché a atteint 7 % en septembre 2025, et à l’augmentation des importations de composants chinois (+67 % depuis 2021), l’industrie automobile européenne voit sa base industrielle menacée.
Dans les Hauts-de-France, cette crise impacte directement un tissu industriel dense et historique. La région concentre plus de 500 entreprises de la filière automobile, représentant 55 000 emplois. Le secteur automobile est une chaîne complexe, dans laquelle les pertes indirectes (sous-traitants) ne sont pas comptabilisées dans les annonces publiques. On peut ainsi estimer qu’au moins plusieurs centaines d’emplois ont été supprimés dans la filière automobile – voir des milliers si l’on inclut la main d’œuvre intérimaire – dans les Hauts-de-France entre 2021 et 2025. Des équipementiers et fournisseurs ont par ailleurs identifié un risque de dessourcing, laissant présager que la situation pourrait s’empirer. Les savoir-faire essentiels développés depuis des décennies dans la région sont aujourd’hui en danger, tout comme les emplois directs et indirects qui dépendent de la vitalité de cette filière.
Investir dans les compétences pour préparer l’avenir de la filière automobile
Dans ce contexte difficile, les Hauts-de-France ont fait le choix stratégique d’investir dans la formation et l’accompagnement de la transformation vers l’électromobilité. Lancé en avril 2023, le dispositif Electromob fédère près de 30 organismes de formation pour proposer une offre coordonnée adaptée aux besoins de la filière automobile électrique en pleine mutation. Le consortium, aux côtés des organismes de formation spécialisés, accompagne également depuis 2023 cette montée en compétences, sécurisant les parcours professionnels et facilitant les reconversions nécessaires. Plus de 10 000 actions de formation ont déjà été réalisé grâce à ce dispositif, aux bénéfices des partenaires industriels, (ACC, AESC, VERKOR, Stellantis, TOYOTA, Renault) et à l’écosystème d’électromobilité régionale.
Cette dynamique s’appuie également sur une forte mobilisation des partenaires de l’emploi et de la formation, tels que France Travail et le Rectorat, qui ont adapté leurs programmes et développé des parcours spécifiquement dédiés à la filière automobile électrique.
À travers ces actions, la branche au travers de l’UIMM a engagé des moyens significatifs pour faire de cette transition une réussite collective. Les Hauts-de-France ont pour ambition de faire de la Vallée de la batterie un pôle industriel de référence, capable de répondre aux besoins des industriels qui ont fait le choix de s’implanter sur le territoire et de consolider durablement l’avenir de la filière automobile régionale.
La FIEV, aux côtés des acteurs des Hauts-de-France, réitère la nécessité de mesures en matière de contenu local
Au-delà des initiatives régionales, la FIEV et les acteurs de la filière ont rappelé l’urgence de mesures de protection à l’échelle européenne. En l’absence d’exigences renforcées en matière de contenu local, la base industrielle automobile européenne est menacée d’un affaiblissement durable. À ce titre, les équipementiers et fournisseurs demandent l’instauration de seuils de contenu local de 80 % pour les véhicules et de 70 % en moyenne pour les pièces apparaît comme un levier essentiel de préservation et de compétitivité du secteur.
Ces exigences de contenu local font aujourd’hui l’objet de discussion au niveau européen. Les mesures proposées par la FIEV, reposant sur des recommandations du Gerpisa (Groupe d’études et de Recherche Permanent sur L’industrie et les Salariés de l’Automobile), visent à préserver l’existant, à empêcher la poursuite du désourcing vers des acteurs chinois massivement subventionnés et à garantir un cadre de concurrence équitable.
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